Célébration du 14 juillet à la Résidence de France

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Célébration du 14 juillet à la Résidence de France
crédits : Ambassade de France.

Le 14 juillet 2017, la célébration de la fête nationale a rassemblé environ 800 invités dans les jardins de la Résidence de France.

On relevait parmi eux la présence de M. Calixte Nsie Edang, ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères chargé de l’Intégration régionale et des Gabonais de l’étranger, de la Présidente du Conseil Économique et Social, du Vice-Président du Sénat, du Médiateur de la République, du Gouverneur de la province de l’Estuaire, du Conseiller diplomatique du Président de la République, des représentants des institutions gabonaises, du corps diplomatique, des milieux économiques, des partis politiques, ainsi que de la communauté française.

Cette année, la chorale « Le Chant sur la Lowé » nous a fait l’honneur d’interpréter les hymnes nationaux de nos deux pays, la Concorde et la Marseillaise.

M. Dominique Renaux, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon, a prononcé à cette occasion une allocution :

14 JUILLET 2017
Allocution de M. Dominique RENAUX,
Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon

« Nous sommes très heureux, Nive et moi, de vous accueillir une nouvelle fois à l’occasion du 14 juillet, réunis tous ensemble, amis de la France, communauté française, collègues du corps diplomatique. Merci d’être venus si nombreux.
Nous vivons en 2017 dans un monde paradoxal. Ce monde est confronté à d’immenses défis et à des crises multiformes dont aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut seul venir à bout. Pourtant, sous l’effet de forces nationalistes et protectionnistes, le même monde est tenté par le repli sur soi, la rupture avec tout ordre international, toute coopération internationale. Comment ignorer que la plus grave crise de la décennie, la crise syrienne, qui a provoqué le calvaire des Syriens, l’émergence d’un Etat terroriste et une grave crise migratoire en Méditerranée, a été permise par la division du Conseil de sécurité ?
Le terrorisme arrive en tête de ces menaces mondiales, par son rayon d’action, qui s’est étendu et son caractère à la fois externe et interne aux sociétés touchées. Il y a un an exactement, la célébration du 14 juillet avait été endeuillée par l’horrible attentat de Nice. Deux familles françaises du Gabon avaient perdu des proches. Il y a quelques semaines au Mali, deux ressortissants gabonais, dont un franco-gabonais, sont tombés. Autant de victimes d’un mal qui frappe aveuglément, qui appelle des mesures nationales mais aussi une riposte régionale et internationale. Les pays africains, avec la création récente de la force conjointe du G5 Sahel et l’action des pays de la région contre Boko Haram, prennent leur part à cette lutte collective, la France les soutient.

Le changement climatique, qui fait lui aussi des victimes, impose une mise en œuvre intégrale de l’accord de Paris adopté par 195 pays. La France y est attachée.

Des échanges récents entre nos deux chefs d’Etat ont montré une pleine convergence entre la France et le Gabon, qui avait activement contribué au succès de la COP 21 et qui assure actuellement la présidence du Comité des chefs d’Etat africains sur le changement climatique et de la Conférence des ministres africains sur l’environnement. Un sommet se tiendra à Paris en décembre pour maintenir un haut niveau de mobilisation. Avec le « Plan Climat », la France entend dépasser ses objectifs initiaux et atteindre la neutralité carbone en 2050. En septembre à New-York, elle proposera l’adoption d’un Pacte mondial pour l’environnement

En RCA, le Gabon continue à jouer aux côtés de la France, dans des conditions difficiles, un rôle stabilisateur, à travers son contingent de casques bleus à la MINUSCA et par l’exercice de la présidence de la CEEAC. Le dispositif qui fait du Gabon notre premier partenaire de sécurité et de défense en Afrique centrale est mis au service de la sécurité régionale. L’exercice de sécurité maritime MEGALOPS, qui vient d’être mené avec succès à partir de Libreville par les Eléments français au Gabon avec la participation de six pays membres de la CEEAC, l’illustre bien.

Face à la dégradation de la conjoncture économique et financière, les pays d’Afrique centrale ont entrepris des mesures d’ajustement. En liaison avec le FMI et d’autres bailleurs, la France apportera son soutien à la stabilisation financière en zone CEMAC. L’accord conclu par le Gabon avec le FMI, le premier dans la zone, prévoit d’importantes réformes. Une attention spéciale devra être donnée à l’apurement des arriérés, qui ont atteint un niveau préoccupant pour les entreprises. La bonne exécution des projets de l’Agence française de développement, dont les engagements dépassent 700 Meuros, en dépend aussi.

Les entreprises françaises, qui emploient 14.000 salariés, font preuve de responsabilité en matière sociale et environnementale. Contrairement à certaines idées reçues, elles ne craignent ni la concurrence ni la transparence. Elles croient à l’avenir du pays et veulent investir, avec une visibilité et une sécurité juridique suffisantes. En dépit de la conjoncture, certaines ont poursuivi leur développement, d’autres s’y préparent.
Elles sont ainsi bien présentes dans le numérique, en plein essor au Gabon depuis l’installation du backbone national. Avec le programme French Tech de soutien public aux entrepreneurs, y compris étrangers, l’économie numérique est une priorité du gouvernement français. Le plus grand incubateur du monde vient de s’ouvrir à Paris, à la Halle Freyssinet (1000 start-up). En mai, le forum des associations organisé par l’ambassade à l’Institut français sur le thème "développement et numérique" a accueilli plus de 500 participants. Business France conduira ici en novembre une délégation d’entreprises françaises du numérique. Voilà un champ prometteur de coopération économique.

L’éducation et la formation sont elles depuis longtemps au cœur de notre coopération. Plus de 4.000 étudiants gabonais fréquentent les universités françaises. Le programme commun de bourses "Concorde" vient d’être renouvelé pour trois ans et bénéficiera à 90 nouveaux étudiants.
Dans le secondaire, les deux lycées à programme français de l’AEFE dispensent un enseignement de haut niveau. Le lycée Blaise Pascal de Libreville a obtenu cette année 98% de réussite au baccalauréat avec 63% de mentions. C’est le meilleur résultat jamais enregistré par le Lycée depuis sa création il y a 26 ans.
Par un appel à projets, l’ambassade a appuyé cette année les initiatives d’associations gabonaises telles qu’une campagne de sensibilisation et de dépistage du VIH-Sida en milieu scolaire dans six communes, l’ouverture d’une bibliothèque à Kango, d’une salle polyvalente à MVENGUE, d’une cellule de protection de l’enfance et d’une ferme agropastorale à Oyem. Un nouvel appel, doté de 185.000 euros, a été lancé hier pour des projets favorisant les droits et l’insertion socio-économique des femmes et de la jeunesse.

Le numérique, l’éducation, les femmes, la jeunesse.. La France a foi en l’avenir du Gabon et s’inscrit dans la durée. Aussi notre dispositif s’adapte et se modernise. Après la rénovation de l’Institut français, l’extension du Lycée Blaise Pascal et l’externalisation du service des visas, la construction de la nouvelle ambassade commencera début 2018, après sélection des entreprises.

Chers amis gabonais,
Parce que nous croyons à l’avenir du Gabon, nous formons le vœu que, après cette année d’épreuve, vous sachiez retrouver les voies de la concorde et de la justice, et engager les réformes en faveur de la démocratie et de l’état de droit, avec l’appui, si vous le souhaitez, de vos partenaires. L’écoute, le soutien et l’amitié de la France vous sont acquis, vous le savez.

Mes chers compatriotes,
Quatrième communauté française d’Afrique subsaharienne, vous êtes attachés au pays qui vous a accueillis, à Libreville, à Port-Gentil et ailleurs. Vous avez pris part, parfois comme bénévoles dans les bureaux de vote et je vous en félicite, au double exercice démocratique que la France vient de connaître. Je tiens à remercier les autorités gabonaises d’avoir permis que ces opérations électorales se déroulent en toute sécurité.
Vous êtes, vous aussi, les représentants de la France. D’un pays ouvert sur le monde, qui attire les investisseurs, les touristes, les étudiants, d’un pays présent dans le monde.
Le message porté par le Président de la République Emmanuel Macron et son gouvernement, c’est le refus du pessimisme, du fatalisme, de la passivité, c’est l’affirmation d’une France forte, qui réforme son économie et investit dans les secteurs d’avenir, qui exploite tous ses potentiels. Une France forte dans une Europe forte, cette Europe à laquelle Simone Veil comme Helmut Kohl, récemment disparus, ont tant œuvré, une Europe forte de ses idéaux de paix et de démocratie, qui sont toujours à défendre, nous le voyons bien. Une Europe qui innove et réussit, celle d’Airbus, de la sonde Rosetta, du système Galiléo.

Chers collègues des services français,
Certains d’entre vous vont nous quitter cet été. Je ne peux les citer tous mais je tiens à rendre hommage au travail accompli à mes côtés par Hugues Nordi, Benedicte Deschamps, David Ansquer, Michel Bergerot, Eric Carro, Laurent Deniau, ainsi qu’à Yves Picard à l’AFD et Frédéric Grapin à Port-Gentil. A toutes et à tous, merci et tous nos vœux pour vous et vos familles.
Merci aussi à tous ceux qui ont contribué à l’organisation de ce 14 juillet :
- les forces de la police nationale gabonaise
- nos sponsors Garep, Prix Import, Sobraga, qui ont été rejoints cette année par Canal +, Servair, Axa et La Parisienne.
- les agents de l’ambassade, du consulat, de l’Institut français, des Eléments français au Gabon et tout le personnel de la résidence.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Nous vivons une époque de ruptures, mais aussi de recompositions et peut être même, car après tout nous fêtons le 14 juillet, de révolution, mais une révolution pacifique, une révolution des esprits qui refusent un monde dominé par le seul rapport de forces, par le "moi d’abord" et le « chacun pour soi ». Cette ambition d’un monde apaisé et régulé, d’une planète sauvée, la France souhaite la partager avec tous ses partenaires.

Pour Gaston Bachelard "ce qui coordonne le monde, ce ne sont pas les forces du passé, c’est l’harmonie tout en tension que le monde va réaliser". Je forme le vœu que nos deux pays participent ensemble à l’harmonie du monde, en toute liberté, égalité et fraternité.

Vive le Gabon. Vive la France. Vive l’amitié franco-gabonaise. Très bon 14 juillet à tous. »

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Célébration du 14 juillet à la Résidence de France
crédits : Ambassade de France.
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Célébration du 14 juillet à la Résidence de France
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Célébration du 14 juillet à la Résidence de France
crédits : Ambassade de France.

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Célébration du 14 juillet à la Résidence de France
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Dernière modification : 04/08/2017

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