Célébration du 14 juillet à Libreville

Comme les années précédentes, l’Ambassadeur et Madame Renaux ont accueilli dans les jardins de la Résidence pour la traditionnelle fête du 14 juillet plusieurs centaines d’invités.

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Allocution de l’Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon, à l’occasion de la célébration du 14 juillet à la Résidence de France.
Crédits : Ambassade de France au Gabon et à São Tomé-et-Principe

On relevait parmi eux la présence de Mme Clotilde Chantal Boumba Louey, Ministre Délégué auprès du Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, de la coopération, de la Francophonie et de l’Intégration Régionale, du Secrétaire général adjoint de la Présidence, du Gouverneur de la province de l’Estuaire, des représentants des institutions gabonaises, du corps diplomatique, des milieux économiques, ainsi que de la communauté française.

Cette année, la cantatrice gabonaise Adriana Bignagni Lesca nous a fait l’honneur d’interpréter les deux hymnes nationaux, la Concorde et la Marseillaise. Originaire de Libreville, Adriana Bignagni Lesca intègre, à 15 ans, la prestigieuse chorale La Lowé avec laquelle elle enregistre. A 19 ans, elle vient auditionner en France puis intègre la classe chant/art lyrique du Conservatoire de Bordeaux (Maryse Castets). Prix jeune Espoir et Prix du Public du concours des Amis du Grand-Théâtre, elle est finaliste du Concours de l’Opéra Studio Bastille à Paris (2012). Elle est la première gabonaise à remporter le Diplôme d’Études Musicales de chant lyrique avec mention Très Bien (2013). Elle se produit régulièrement en France et au Gabon, notamment à l’Institut français.

M. Dominique Renaux, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon, a prononcé à cette occasion une allocution :

« C’est, cette année encore, un honneur pour Nive et pour moi de vous accueillir dans cette résidence, vous amis de la France, collègues diplomates et compatriotes français. Merci d’avoir répondu à notre invitation pour la Fête nationale. L’assemblée que vous composez est à l’image des relations franco-gabonaises : dense et diverse et, puisque l’heure invite aux comparaisons sportives, à l’image d’une équipe de France. D’ailleurs, vous l’avez remarqué, nos deux drapeaux ont le bleu en commun.

Fête nationale de la France, le 14 juillet reste aussi perçu dans le monde comme un des symboles de l’émancipation des peuples, de l’invention de la liberté et de l’entrée dans la modernité politique.

Il y a quelques années, un journal du pays où nous fêtions le 14 juillet avait titré le lendemain : « les Français célèbrent leur indépendance ». Je ne sais pas si la formule était volontaire, mais elle m’avait paru finalement assez fidèle historiquement.

Parmi les dates autour desquelles s’organise la mémoire de la nation française, une autre date, le 11 novembre figure aussi en bonne place.

En novembre prochain, 84 pays, dont le Gabon, célébreront à Paris le centième anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Le président Macron a proposé que se tienne à cette occasion un Forum de Paris sur la paix pour réfléchir à l’organisation du monde car, pour reprendre ses mots « nous savons ce qui a conduit l’humanité au malheur dans le passé et ce qui pourrait causer sa perte à l’avenir ». Ce qui a fait qu’au lieu du « plus jamais ça » et de la paix promises, les années 20 et 30 ont été celles de « l’entre-deux-guerres ».

Il faut hélas le constater, l’évolution actuelle du monde n’est pas porteuse de paix. Les nuages s’amoncellent. La coopération internationale se réduit et le budget des Nations Unies diminue. La montée des populismes, des protectionnismes, des rivalités pour l’accès aux ressources menace l’idée même d’une communauté internationale. Ici et là, des espaces démocratiques reculent, les droits de l’homme sont bafoués, les désordres d’Internet ne sont pas régulés. Et l’issue de la lutte contre le réchauffement climatique est plus incertaine que jamais.

En mobilisant dirigeants nationaux, organisations internationales et société civile, ce Forum pour la paix viendra appuyer les enceintes multilatérales, Nations-Unies en premier, et soutenir des projets et initiatives concrètes en matière de paix et sécurité, d’environnement, de développement, de numérique.

Face aux défis actuels, climatiques, migratoires, commerciaux, Internet.., la France veut donc défendre le multilatéralisme et l’action collective, réduire les tensions par la coopération internationale. C’est la vision que le président Emmanuel Macron porte à chacun de ses déplacements officiels, une vision que nos deux pays partagent largement, en matière climatique et environnementale notamment où l’action du président Ali Bongo Ondimba à la tête du Comité des chefs d’état africains sur le climat (CAHOSC) est reconnue. Une vision pragmatique. Ainsi le 12 décembre dernier, lors du One Planet Summit à Paris, 6 fonds souverains représentant 3.000 milliards de dollars ont décidé de s’engager dans la transition énergétique.

Les grands défis sécuritaires du monde appellent une réponse collective. Comment une communauté internationale divisée pourrait-elle faire face au terrorisme, qui reste la principale menace.

Le multilatéralisme n’exclut pas la coopération bilatérale, bien au contraire, et les deux peuvent se combiner.

Sur le continent, dans la bande sahélienne, la France déploie 4.000 militaires dans l’opération Barkhane. En Afrique centrale et dans le Golfe de guinée, elle s’implique avec les pays concernés dans la sécurité maritime, la lutte contre Boko Haram et la stabilisation de la RCA. Nous nous réjouissons à cet égard de la décision des autorités gabonaises de maintenir, au titre de la solidarité régionale, leur contingent au sein de la MINUSCA.

Conjonction aussi de moyens bilatéraux et multilatéraux au Gabon où, aux côtés du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, la France apporte un soutien budgétaire en appui au programme conclu avec le FMI, comme dans d’autres pays de la CEMAC confrontés à des difficultés financières. Cela pour leur permettre de rétablir les équilibres budgétaires et de relancer l’économie.

La relance de l’économie, au Gabon comme d’ailleurs en France, est avant tout l’affaire des entreprises, entreprises nouvelles attirées par les potentialités du pays ou entreprises déjà présentes. Pour ces dernières, l’apurement des arriérés sera un signal très fort de confiance en l’avenir. Pour toutes, visibilité, sécurité juridique, traitement égal, procédures transparentes seront autant d’incitations à investir. Les entreprises françaises, qui ont poursuivi ces dernières années leurs investissements dans le secteur des mines, de l’énergie, du ferroviaire, du numérique .., y sont prêtes.

Chers amis gabonais,

Si les défis sont communs à tous les pays, certains sont mieux armés que d’autres pour y faire face. La cohésion nationale, la concorde, la solidarité, l’égalité des chances aident à faire face aux crises et aux défis. Pour une nation, les échéances électorales sont le moment de s’engager sur l’avenir, de fixer les grandes orientations et de choisir les hommes et les femmes pour les mener. Nous souhaitons que les prochaines législatives offrent cette occasion au peuple gabonais.

Au cours de l’année écoulée, notre coopération bilatérale est restée très active.

Cette coopération accorde la priorité à l’éducation et la formation, clé du futur. 4200 étudiants gabonais fréquentent les universités françaises, une centaine de boursiers du programme Concorde partent chaque année. La demande a augmenté de 10% cette année. Nous avons mis en place il y a quelques mois avec Campus France la plateforme France Alumni Gabon, qui compte déjà 2000 inscrits et permet aux anciens élèves d’accéder à un réseau mondial qui compte 200.000 inscrits et une centaine d’entreprises.

Au Gabon, 4000 élèves sont scolarisés dans les EPC et les deux lycées à programme français de l’AEFE, qui dispensent un enseignement de haut niveau. Le lycée Blaise Pascal a obtenu 100% de réussite au baccalauréat cette année.

Pour soutenir les initiatives des associations gabonaises, nous avons lancé sous forme d’appel à projets le programme PISCCA, doté de 400.000 euros sur deux ans. 11 projets ont été choisis, qui concernent par exemple la santé, avec l’association 3S à Port-Gentil et la Croix-Rouge gabonaise, l’informatique, avec l’école 241 portée par Ogooué Labs, qui formera 60 jeunes pendant six mois ou encore un projet de création d’une chambre des métiers. A Doussala, où je me suis rendu, l’association Program a déjà installé 60 ruches et la première récolte de miel est attendue pour la fin de l’année.

Les interventions de l’AFD dans les secteurs sociaux complètent ces actions. Deux conventions d’un montant total dépassant 200 M euros serviront, pour l’une, à la construction de 500 salles de classe à Libreville et Port-Gentil et, pour l’autre, à la réhabilitation de 17 centres de soins dans quatre provinces.

A l’Institut français, grâce à une programmation culturelle très dynamique, la fréquentation est en forte hausse avec 35000 visiteurs. Cette programmation fait la part belle aux artistes gabonais, acteurs et musiciens avec le festival coup de théâtre et les café-concerts, aux créateurs, plasticiens et photographes mais aussi au débat d’idées avec le cycle « l’Afrique aux mille visages », qui a vu la venue d’écrivains comme Daniel Rondeau, Marie Darrieussecq ou Sami Tchak.

Chers compatriotes français,

La conjoncture économique n’a pas épargné notre communauté. La situation de précarité de certains appelle un effort accru de solidarité, de la part des structures associatives comme des services publics. Vos élus, je pense en premier à votre députée, Mme Amélia Lakrafi, qui nous a rendu visite, peuvent être aussi mobilisés.

Avec la menace terroriste, votre sécurité est plus que jamais notre préoccupation constante. Nous avons revu les procédures et le plan de sécurité, avec une refonte de l’ilotage et un travail approfondi avec le Centre de crise à Paris.

Le site Internet de l’ambassade est actualisé quasiment chaque jour et comprend beaucoup d’informations. Depuis l’an dernier, cette communication s’est enrichie d’une page Facebook qui couvre les activités de l’ambassade, du consulat, de l’Institut français, de l’AFD. Je vous invite à la « liker »pour rester en contact avec nous.

Le démarrage de la construction de la nouvelle ambassade, vous avez pu le constater, a pris quelque retard mais nous finalisons les discussions avec les entreprises et les travaux devraient être lancés en fin d’année. Le futur bâtiment aura le label Haute qualité environnementale.

En cette période de l’année, j’aimerais rendre hommage aux membres de l’ambassade qui nous quittent cet été. Je ne peux les citer tous mais je veux saluer le travail accompli par Jacqueline Lorelle, notre consule générale, le colonel de Vathaire, le commissaire Joudelat, Thierry Blin, Brigitte Jeannot, Franck Laval, Robert Morgan, Claire Lefebvre et Jean-Luc Mahoudeaux à Port-Gentil.

Merci aussi à tous ceux qui, avec nos sponsors, ont contribué à l’organisation de ce 14 juillet : les forces de la police nationale gabonaise, les agents de l’ambassade, du consulat, de l’Institut français, des Éléments français au Gabon et tout le personnel de la résidence.

Avec le poète Virgile, nous savons qu’« il fuit le temps, et sans retour ». Après quatre années passées au Gabon, nous rentrons en France.

Nous sommes d’autant plus heureux de célébrer avec vous ce dernier 14 juillet, qui m’offre l’occasion de remercier chacun et chacune d’entre vous pour son soutien et sa confiance, en premier lieu les autorités gabonaises qui m’ont permis d’accomplir ma mission dans les meilleures conditions et l’ensemble des agents des services publics français pour leur dévouement constant.

Nous vous souhaitons à tous le meilleur pour votre avenir et celui de vos familles, et le meilleur aussi pour le Gabon qui nous a accueillis à bras ouverts et dont nous avons pu goûter l’extraordinaire patrimoine naturel et culturel, en attendant de goûter un jour le miel de Doussala.

A tous bonne chance !

Vive le Gabon. Vive la France. Vive l’amitié franco-gabonaise. Très bon 14 juillet à tous. »

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Une vue des officiels présents lors de la célébration du 14 juillet à la Résidence de France.
Crédits : Ambassade de France au Gabon et à São Tomé-et-Principe
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Célébration du 14 juillet à la Résidence de France.
Crédits : Ambassade de France au Gabon et à São Tomé-et-Principe
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La cantatrice gabonaise Adriana Bignagni Lesca a pour l’occasion interprété les hymnes nationaux de nos deux pays, la Concorde et la Marseillaise.
Crédits : Ambassade de France au Gabon et à São Tomé-et-Principe - Davos Style
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Célébration du 14 juillet à la Résidence de France.
Crédits : Ambassade de France au Gabon et à São Tomé-et-Principe - Davos Style
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Célébration du 14 juillet à la Résidence de France.
Crédits : Ambassade de France au Gabon et à São Tomé-et-Principe
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Cérémonie au Camp de Gaulle dans la matinée, présidée par le général commandant les EFG, en présence notamment du Ministre d’Etat, Ministre de la Défense nationale.
Crédits : Ambassade de France au Gabon et à São Tomé-et-Principe

Dernière modification : 18/07/2018

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